Ce sera ma passion… ou rien!

Ce sera ma passion... ou rien!

8 h 30 : un élève entre dans mon bureau. C’est Bruno. Il a un problème de motivation. Il n’aime pas l’école, s’ennuie en classe, et remet peu de travaux. On me demande donc de le rencontrer.

Il est là, les mains dans les poches, me salue, s’assoie, mais préfère regarder le plancher, vers la gauche. Je sais alors qu’il a déjà commencé son dialogue interne et qu’il se dit probablement : « Une autre qui a dans la tête de vouloir me faire changer d’idée sur l’école… »

D’entrée de jeu, je lui annonce donc : « On m’a dit que tu n’aimes pas l’école. Donc, si tu n’aimes pas l’école, eh bien tu ne l’aimes pas et ce n’est pas moi qui vais te faire changer d’avis là-dessus. Il lève les yeux vers moi, une seconde, et les rebaisse encore.

« Puisque tu veux bien terminer ton année, et je suppose que plus vite sera le mieux, est-ce qu’on peut regarder des pistes de solution? » J’ai eu droit à une certaine ouverture. Je suis heureuse.

Bruno m’avoue être un passionné de musique. Son rêve est de jouer professionnellement et il se fout bien d’être obligé de tourner des boulettes dans un resto toute la journée, si cela lui permet de jouer le soir.

Je lui ai répondu que s’il adorait tourner des boulettes, qu’il devait le faire, mais que si cela ne lui plaisait pas, il serait plus motivant de trouver une formation qui l’intéresse. « Pourquoi te contenter de faire quelque chose qui ne te plaît pas alors que tu peux trouver un métier stimulant, que tu retrouves avec plaisir chaque jour, tout en continuant à jouer avec ton groupe? Tu es peut-être à 4 clics de souris et à quelques pas de vivre un projet professionnel intéressant!  Tu dois investir quelques heures dans cette démarche. »

Bruno doit considérer tout ce qu’il est lorsqu’il envisage une carrière.  Il possède une passion; tant mieux. Cela lui restera toujours. Mais le fait de ne pas pouvoir vivre financièrement de sa passion immédiatement ne doit pas l’empêcher d’explorer ses autres intérêts, ses autres habiletés.  Et elles existent. Il suffit de se questionner sur ses intérêts.

J’espère revoir Bruno, un jour, et qu’il me dira : Sonia, tu sais, je tripe vraiment. Tu ne devineras jamais ce que je fais maintenant?

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