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Alain Duperré

« Je suis allé où j'avais envie d'aller, et j'ai tellement bien fait! »

Alain Duperré

Alain Duperré, 41 ans Éducateur en service de garde à la maternelle

Être un gars, ça vous ouvre toutes grandes les portes des garderies : laissez-moi vous dire qu’on est demandé! Aussitôt que j’ai terminé mon cours, plusieurs écoles m’ont appelé : elles voulaient toutes que je me joigne à leur équipe. J’avais l’embarras du choix!

Un homme apporte une autre énergie. Et cette énergie est recherchée. Un exemple? Dans la cour d’école, les éducatrices sont souvent portées vers des jeux calmes comme dessiner à la craie ou faire danser les petits. Moi, j’ai tendance à m’intégrer spontanément aux parties de ballon, à faire jouer les enfants au hockey l’hiver ou au soccer l’été. J’aime que ça bouge! Je suis aussi un peu moins cajoleur que les filles avec les petits. Je leur démontre mon affection autrement. Donc, un mélange d’éducatrices et d’éducateurs dans une garderie, ça crée un bel équilibre.

Je fais ce travail depuis une dizaine d’années. Je suis vraiment heureux. Ça exige beaucoup de patience, mais c’est une qualité également répartie entre les sexes! J’ai toujours aimé m’occuper des enfants. Jeune, j’ai passé plusieurs étés dans des colonies de vacances et j’ai été moniteur durant quatre ans. Ensuite, j’ai travaillé quelque temps dans l’hôtellerie. Mais la présence des petits me manquait. Je suis retourné aux études pour obtenir une attestation d’études collégiales en service de garde. Nous étions deux hommes pour une cinquantaine de femmes. Un jour, durant un cours d’histoire, le prof rappelait la période où les femmes ont commencé à entrer massivement sur le marché du travail, pendant la Seconde Guerre mondiale. J’ai lancé en riant : « C’est là que les problèmes ont commencé! » Laissez-moi vous dire que je me suis fait parler (rires)! Pour le reste, tout s’est très bien passé.

Au service de garde, je suis le seul homme d’une équipe de douze. Par contre, notre boss est un homme. C’est sûr qu’au début, être une « minorité visible » peut être intimidant. Très vite, on ne pense plus en termes de gars–filles, mais de personnes avec qui on a, ou non, des affinités. Et puis, on est tellement apprécié, c’est gratifiant! Mon p’tit côté manuel est aussi très demandé. Récemment, j’ai offert de bâtir des cabanes à moineaux pour une activité; j’ai travaillé toute une journée à la maison sur mon banc de scie. Quand je suis revenu le lendemain avec mes quarante cabanes, j’ai eu un certain succès, croyez-moi! J’ajouterais que durant les assemblées de plusieurs services de garde, les quelques éducateurs présents dans la salle sont écoutés avec attention lorsqu’ils prennent la parole.

Les parents aussi sont ravis que leur enfant côtoie des hommes. Des remarques négatives ou désagréables? Jamais. Ni d’un père, ni d’une mère, ni de personne d’ailleurs. Mes amis, ma famille, tout le monde a été vraiment correct et encourageant.

Pas une seule seconde je me suis dit : « Je n’irai pas travailler dans un service de garde parce que je vais me retrouver juste avec des femmes. » Ça ne m’a même pas traversé l’esprit. Je suis allé où j’avais envie d’aller, c’est tout. Et j’ai tellement bien fait!

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