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Alexandre Savard-Martineau

« On travaille sans filet, le bonheur! »

Alexandre Savard-Martineau

Alexandre Savard-Martineau, 35 ans Infirmier

Au travail, je ne regarde jamais ma montre parce que je ne m’ennuie jamais! Je carbure à l’adrénaline. Être infirmier de nuit à l’urgence, c’est un travail sur mesure pour moi. On peut commencer la nuit avec zéro patient et la terminer avec vingt, dont quelques-uns peuvent être en danger de mort. On travaille sans filet. Il faut être capable d’agir rapidement et d’affronter des situations difficiles et variées : problèmes cardiaques, accidentés de la route… Être sur le qui-vive, c’est notre quotidien. Le bonheur!

Je pourrais travailler à un étage de l’hôpital; je serais alors rattaché à des patients avec qui j’établirais une relation plus à long terme. Moi, je préfère l’urgence. Mais quel que soit l’endroit, le mot « routine » ne s’applique pas dans un hôpital : même quand on ne s’y attend pas, tout peut arriver. C’est « trippant »! Je pense que j’étais destiné à être infirmier.

À deux ans, j’ai été hospitalisé. Je ne voulais plus revenir à la maison tellement je me plaisais là! J’ai tenté d’être médecin, mais c’était une période où l’on contingentait beaucoup. J’ai donc fait un bac en biochimie et j’ai trouvé un bon poste dans une entreprise en environnement. Sauf qu’au bout de quatre ans, à 29 ans, j’ai compris que ma place n’était pas là. Le 9 à 5 dans un bureau ne me convenait pas, j’avais le goût d’aider des gens. Mais où aller? Le hasard a alors frappé… J’ai dû être hospitalisé, pour une seconde fois dans ma vie. À l’urgence, un infirmier s’est occupé de moi. Déclic. Je me suis dit : « Tiens, des gars aussi sont infirmiers? » Mon intérêt pour le milieu hospitalier s’est réveillé. Quelques mois plus tard, je commençais mes études en soins infirmiers. En passant, démystifions un cliché : non, tous les infirmiers ne sont pas homosexuels. La très grande majorité de mes collègues a une femme, comme moi, et des enfants.

Dans les équipes de travail, nous sommes toujours bienvenus comme gars. Ça change la dynamique je crois. Et je pense qu’on est bons pour faire baisser les tensions interpersonnelles. On apporte aussi notre couleur aux patients : notre attitude est, comment dire, plus, plus… plus masculine quoi!  Les médecins sont tous très respectueux envers le travail infirmier. Franchement, la relation entre nous est formidable.

Ah, j’oubliais! Question de force physique, les filles aiment aussi nous avoir à leurs côtés quand un patient agressif ou agité se présente. Les drogués le sont parfois. La tendresse et l’empathie sont évidemment essentielles dans notre profession. Mais un bon infirmier doit aussi savoir faire preuve de fermeté.

Enfin, une chose est sûre : on est certains d’avoir un emploi en terminant. Les établissements s’arrachent littéralement les futurs infirmiers et infirmières. Six mois avant d’avoir mon diplôme, j’avais déjà signé mon formulaire d’embauche pour un poste permanent et à temps complet!

C’est drôle, le matin, quand on termine une nuit d’enfer à l’urgence, mes collègues et moi, on est tous pareils : on se demande pourquoi diable on fait ça. Mais aussitôt arrivés chez nous, on n’a qu’une hâte : retourner travailler! Une passion, c’est le mot!

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