Régions où ces métiers sont en vedette : Partout au Québec

HISTOIRE DE L’AÉRONAUTIQUE AU QUÉBEC
Si la première ascension libre d’un ballon avec passagers au Canada a lieu à Montréal en 1856, il faut attendre le début du XX ième siècle pour voir apparaître les premiers aéroplanes au Québec, comme dans le reste du monde. Très vite, la belle province s’impose comme le berceau de l’aéronautique moderne canadienne. Le premier meeting d’aviation d’envergure au Canada se tient en 1910 à Pointe-Claire. C’est encore au Québec qu’a lieu en 1919 le premier vol de brousse de l’histoire. En juin 1930, le Montréalais J. Erroll Boyd est le premier Canadien à traverser l’Atlantique à bord de son monoplan Bellanca baptisé Maple Leaf. Pendant la deuxième guerre mondiale, c’est de Dorval que décolleront pour l’Angleterre les bombardiers américains B17 (les fameuses forteresses volantes), Avro Lancaster et autres B24 Liberator... Toute cette activité est à l’origine de la naissance au Québec d’une industrie aéronautique puissante. Dès les années 1920, la région montréalaise devient un des meneurs mondiaux de la construction aéronautique, avec des compagnies pionnières comme Canadian Vickers (qui deviendra Canadair en 1944) ou Pratt & Whitney. Le chef de file mondial de la conception de simulateur de vol, Canadian Aviation Electronics (C.A.E.), débute ses activités en 1947 à l’aéroport de St-Hubert. Depuis 1986, Bell Helicopter Textron a construit plus de 2000 hélicoptères à son usine de Mirabel.

 

 

MONTRÉAL : 2ième CAPITALE MONDIALE DE L'INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE
60% de la production de l'industrie canadienne de l’aéronautique est concentrée au Québec, avec des ventes totalisant plus de 10 milliards de dollars en 2004. 80% de cette production est exportée, ce qui place cette industrie au premier rang des exportations québécoises. 260 entreprises emploient près de 43 000 personnes, soit la moitié de l’effectif canadien en aéronautique. La plupart de l’emploi est localisé dans la région de Montréal, où une personne sur 90 travaille dans le secteur. Cela fait de la métropole québécoise la deuxième capitale mondiale de l’aéronautique pour la densité d’emplois dans le domaine, derrière Seattle et devant Toulouse.

Le pôle aéronautique québécois est solidement constitué autour de grands donneurs d’ordre (Bombardier Aéronautique, Bell Helicopter, C.A.E., Pratt & Whitney Canada, Rolls-Royce Canada) et d’équipementiers de niveau international (GE Canada, Héroux-Devtek, Honeywell, Lockheed Martin, Oerlikon, EMS Technologies, CMC Électronique, Messier-Dowty, Turbomeca, Thales Avionique), autour desquels gravitent plus de deux cents sous-traitants. En outre, Montréal bénéficie de la présence des sièges sociaux d’organisations internationales telles que l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), l’Association du transport aérien international (IATA) et le Conseil international de l’aviation d’affaires (IBAC).

 

PERSPECTIVES DU SECTEUR
La récession de l’économie américaine au début de la décennie et la détérioration de la santé financière des transporteurs aériens depuis le 11 septembre 2001 ont durement touché l’industrie aéronautique québécoise. Bombardier qui représente 40% de l’emploi du secteur sur l’île de Montréal a dû se départir de plus de 10 000 de ses employés dans les quatre dernières années. Néanmoins, l’industrie a connu une reprise économique dès 2004 et l’emploi du secteur a retrouvé en 2005 les niveaux qu’il connaissait avant le 11 septembre. D’ailleurs, les perspectives du marché sont favorables.

L’Organisation de l’aviation civile internationale s’attend à ce que le nombre de passagers du transport aérien double en quinze ans. En outre, selon l’étude annuelle de Honeywell Global Business Aviation Outlook, le marché des avions d’affaires passerait de 500 appareils en 2003 à 800 en 2008. Avec la prochaine production à Mirabel de sa nouvelle famille « série C » d’avions commerciaux de 100 places, ce sont plus de 5 000 emplois directs et indirects qui devraient être créés par Bombardier. Bell Helicopter obtenait l’an dernier une commande de plus de 100 appareils de son nouveau modèle léger Bell 429. Par ailleurs, la société compte investir 700 millions de dollars d'ici douze ans pour mettre au point un nouveau concept d'appareils modulaires.

De son côté, Pratt & Whitney Canada renoue avec la croissance, notamment en décrochant, en mai 2005, les contrats d'approvisionnement des deux nouveaux biréacteurs d'affaires de la compagnie brésilienne Embraer, concurrente de Bombardier. Le producteur de moteurs d’avions équipera également de ses moteurs la nouvelle série C de Bombardier.

 

LES MÉTIERS RECHERCHÉS
Suivant une conjoncture économique qui s’améliore, les perspectives d’emploi dans le secteur de l’aéronautique au Québec sont désormais favorables, d’autant qu’il faudra faire face à de prochains nombreux départs à la retraite. Notons que, selon le Centre d’adaptation de la main-d’oeuvre aérospatiale au Québec (CAMAQ), dès la fin de l’année 2004, il y avait déjà plus de 1 100 emplois qui ne trouvaient pas preneurs dans l’industrie aérospatiale québécoise, faute de main-d’oeuvre qualifiée. Néanmoins, les perspectives d’emplois varieront en fonction du type d’emploi occupé.

 

Les monteurs ou monteuses de structures d’aÉronefs :
Après une croissance soutenue du nombre de monteurs et de monteuses de structures d’aéronefs de 1990 à 2001, la demande pour se type de poste risque désormais de fluctuer en fonction des carnets de commande des constructeurs, principalement ceux de Bombardier qui occupe 85% de ces techniciens spécialisés. En effet, devant une concurrence internationale accrue et des marges bénéficiaires plus minces, les employeurs vont de plus en plus resserrer l’ajustement des cadences de production en fonction de la demande, ce qui entraînera un chômage périodique pour ce type de profession.

Les monteurs/monteuses-cÂbleurs/cableuses et les monteurs/monteuses-mÉcanique :
Les emplois de ce type sont répartis sur un plus grand nombre d’entreprises du secteur. La mobilité intersectorielle de ces travailleurs et travailleuses est donc plus grande. Par ailleurs, les entreprises qui les embauchent ne sont pas toujours sur les mêmes marchés et ne connaissent ainsi pas nécessairement les mêmes difficultés économiques au même moment (Bell Helicopter et Pratt & Wittney, versus Bombardier). Aussi, ces travailleurs et travailleuses seront-ils moins susceptibles de connaître des périodes de chômage.

Les postes liÉs À la finition des aÉronefs
Ils s’agit de métiers comme ceux d’ébéniste d’aéronefs, de mécanicien ou mécanicienne de métal en feuille, de rembourreur ou rembourreuse d’aéronefs ou de peintre d’aéronefs. Ces spécialités, touchant aux marchés des avions régionaux et commerciaux comme à celui des avions d’affaires, seront moins sujets aux aléas économiques.

Les techniciens et techniciennes d’entretien des aÉronefs
La croissance à venir du trafic aérien mondial amènera une demande accrue pour les travaux d’entretien des appareils. Ainsi, une étude du Conseil canadien de l’entretien des aéronefs (CCEA) conclu que les travaux d’entretien pourraient augmenter de 5 % par an d’ici à 2016. De plus, cette étude estimait que plus des deux tiers des techniciens et techniciennes d’entretien aurait pris leur retraite d’ici 2016 et libéreraient ainsi de nombreux postes.

 

Titre
Fonction
Employeurs
Diplôme
Salaire moyen
Perspec- tives
d’emploi 2005- 2009
Monteurs/ monteuses d'aéronefs et contrôleurs/ contrôleuses de montage d'aéronefs Les monteurs d'aéronefs montent, ajustent et installent des pièces préfabri- quées afin de construire des aéronefs à voilure fixe ou tournante ou des éléments d'aéronefs. Les contrôleurs de montage d'aéronefs vérifient les montages d'aéronefs afin d'assurer la conformité aux prescriptions techniques. Fabricants d'aéronefs et d'éléments d'aéronefs. Diplôme d'études secondaires et Diplôme d'études collégiales en aviation ou en technologie aéronautique, particulièrement en fabrication d'aéronefs. 40 000 $ Favorables
Mécaniciens/ mécaniciennes d'aéronefs et Contrôleurs/ contrôleuses d'aéronefs Les mécaniciens d'aéronefs entretiennent, réparent, révisent, modifient et testent les structures d'aéronefs et leurs systèmes mécaniques et hydrauliques. Les contrôleurs d'aéronefs vérifient les aéronefs et leurs systèmes à la suite de travaux de fabrication, de modification, d'entretien, de réparation ou de révision. Entreprises de fabrication, d'entretien, de réparation ou de révision d'aéronefs, pour des lignes aériennes, pour les forces armées ou d'autres Diplôme d'études secondaires et Diplôme d'études collégiales en entretien d'aéronefs ou Programme d'apprentissage de quatre ans 49 000 $
Favorables